Béatification des sept évêques gréco-catholiques martyrs de la Foi

Lors du Grand Jubilé
de l’An 2000
saint Jean Paul II écrivit :

   

« Ce siècle lui-même a connu de très nombreux martyrs, surtout à cause du nazisme, du communisme et des luttes raciales ou tribales. Des personnes de toutes les couches sociales ont souffert en raison de la foi, payant de leur sang leur adhésion au Christ et à l’Eglise, ou affrontant avec courage d’interminables années de prison et d’autres privations de tout genre, parce qu’elles ne voulaient pas céder à une idéologie qui s’était transformée en un régime de dictature impitoyable ».

En septembre 1944, les armées soviétiques entrent  en Roumanie. Le pays passe sous le joug communiste. En 1948, la persécution commence, contre l’Église Catholique de rite latin de Roumanie et contre l’Église Gréco-Catholique Roumaine née en Transylvanie en 1700, par l’union religieuse à Rome de « l’Église des Roumains de Transylvanie » comptant à ce moment là plus de 1 500 000 âmes et constituée de cinq diocèses.

Très vite un scénario secret est mis en place qui  conduit à la « liquidation » (terme utilisé par les régimes communistes dans bien des pays) de l’Église Gréco-Catholique Roumaine. L’Église Catholique de rite latin, elle, n’est pas supprimée, mais  placée sous le contrôle de la Securitate, la police politique, ses relations avec le Saint-Siège étant complètement coupées. Calomnies, attaques, accusations menaçantes, appels de la hiérarchie orthodoxe pour que l’église gréco-catholique revienne dans le giron orthodoxe, reliés par la presse aux ordres du pouvoir… tout est en place pour le déclenchement d’une attaque de grande envergure.

La direction du Bureau Politique du Comité Central du Parti Ouvrier (communiste) Roumain procède alors à l’ « unification » visant à transférer toutes les églises gréco-catholiques vers l’Église Orthodoxe, par le mécanisme du passage des fidèles d’un culte à l’autre en s’appuyant sur la nouvelle Loi sur les cultes, d’inspiration stalinienne. 

Les évêques gréco-catholiques s’opposent à cette planification, lancent appels et exhortations. Ils préparent les fidèles à la persécution car ils excluent l’idée de manquer à l’intégralité de la foi catholique, à la primauté du Pape.

Les paroisses gréco-catholiques qui refusent de passer à l’orthodoxie sont liquidées et les sept évêques sont arrêtés. Cinq d’entre eux meurent en prison victimes d’affreux traitements: Mgr Vasile Aftenie, Mgr Valeriu Traian Frențiu, Mgr Ioan Suciu, Mgr Tit Liviu Chinezu et Mgr Alexandru Rusu.

L’Eglise gréco-catholique est alors « légalement » supprimée en 1948 et entre dans la clandestinité, souffre le martyre…jusqu’en 1989, date de la chute du communisme.

Vers les années 1955, les évêques qui ont survécu à la prison à régime sévère, sont assignés à un domicile obligatoire, où ils subissent pressions et attaques constantes jusqu’à leur mort.

Durant toute la persécution les sept évêques gréco-catholiques ont défendu leur Eglise, leur foi, avec héroïsme, sans céder ni se compromettre. Ce qui leur valut la mort.

Le 1er juin 2019 en Roumanie, en présence du Pape François

HISTORIQUE