Les événements qui se déroulèrent en Europe de l’est à la fin de l’année 1989 marquèrent, pour des millions de personnes, l’avènement d’une liberté tant attendue... Scènes de liesse, émotions des retrouvailles, espérances immenses.

A l’ouest, on découvrait avec une stupéfaction, feinte parfois, l’état désastreux dans lequel avaient vécu des peuples entiers pendant des décennies. Une certaine mobilisation se mit en place : convois de vivres, de médicaments, de vêtements prirent le chemin de la Pologne, de la future Tchéquie, de la Roumanie...


Nous étions trois, à cette époque, enthousiasmés par les perspectives immenses qui s’offraient de pouvoir enfin créer des liens avec nos frères de l’Europe de l’est et encouragés par les paroles fortes du Pape Jean Paul II lors de son discours au Parlement européen le 11 octobre 1988 : “C’est à vous qu’est confiée la grande tâche de maintenir et de développer les valeurs humaines, culturelles et spirituelles, qui correspondent à l’héritage de l’Europe et qui seront la meilleure sauvegarde de son identité, de sa liberté et de son progrès.”


Le 28 février 1990, nous déclarons à la sous préfecture de Rambouillet la constitution de l’association Europe Chrétienne, avec l’objet suivant : “Elle agit afin de créer des liens d’ordre culturel et spirituel entre les pays d’Europe en favorisant l'éducation et la formation, dans le souci de mettre en valeur les racines chrétiennes de l’Europe.”


C’est tout d’abord vers la Roumanie, pays très francophone, que se tournent nos regards. Il faut établir les contacts, tisser des liens, nouer des amitiés, reconnaître les besoins, comprendre les situations... tout un travail qui demande bien des efforts, mais qui apporte de grandes joies.


Au bout de vingt années, les résultats sont tangibles. Leur énumération ne peut montrer, bien-sûr, tous les petits faits, les histoires incroyables, les sentiments éprouvés et, surtout, les liens immuables qui se sont créés.