Le plus grand plaisir pour nous c’est que vous soyez venus nous rendre visite
et voir notre réalité.

Le curé, de rite latin, de Spranceana (Moldavie roumaine), petit village catholique de 350 habitants, le Père Robert Gaspal, a besoin d’aide pour terminer la construction de son église. Le village ne figure pas sur les cartes.

Spranceana est une suite de maisonnettes le long d’une rue en terre battue ; les autorités communistes avaient programmé la destruction de ce village et la déportation de tous ses habitants. Les événements de 1989 ont inversé le cours de l’histoire.

La messe a lieu dans la chapelle provisoire, une construction légère bâtie bénévolement par les hommes du village, en planches et sans chauffage. Or, l’hiver, il peut faire jusqu’à – 20 °. Seul isolement du froid : des feuilles de plastique recouvrent les murs intérieurs. A côté de la chapelle, se détache la silhouette de l’église en construction. Il y a 85 % de pratiquants au village. En semaine, la messe, très suivie avec en moyenne 25 enfants, a lieu tous les jours, sauf le mercredi. Plus de 80% des habitants sont pratiquants réguliers ! Le dimanche, tous les enfants sont présents (45 % des habitants).


Le Père Robert Gaspal est un jeune prêtre de 36 ans. Il est issu d’une famille de 9 enfants dont 3 des 6 garçons sont prêtres, et un quatrième au séminaire. A 16 ans, il a fait deux ans de petit séminaire, puis six ans de grand séminaire, à Iasi, la grande ville la plus proche. Ordonné en 1999, il a la charge de deux paroisses : Podu Iloaiei et Spranceana. Il fait le catéchisme à tous les enfants, assure toutes les messes; aumônier du lycée de Podu Iloaiei, il s’occupe de 35 élèves.

Les murs de l’église en construction s’élèvent par à-coups, en fonction des fonds récoltés. Trois ouvriers payés y travaillent, ainsi que les hommes du village, bénévolement, selon leur disponibilité. Un vieil homme est même venu redresser des clous tordus pour qu’ils puissent resservir. Trois petites cloches, montées sur une poutre, attendent à côté de l’église, d’être un jour installées dans le clocher.

Tous ceux qui ont rencontré ce jeune prêtre au sourire lumineux ont apprécié son courage, sa douceur et sa foi profonde.

  1. Construction de l'église du Père Marian Gaspal (paroisse du Père Robert Gaspal, Moldavie roumaine)

Père Robert Gaspal, août 2007.

L’église en construction.

L’église en l’état actuel.

Les travaux de construction de l’église ont beaucoup progressé, on en est au toit et au clocher; oui, tous espèrent vivre la prochaine Messe de Noël dans un abri décent et moins glacé que l’an dernier ; oui, tout le monde se mobilise. Le Père Gaspal, le premier, qui, dès l’aurore, accueille les ouvriers sur le chantier et dirige les opérations, puis démarre en trombe pour aller célébrer les messes, court à la ville voisine chercher certains outils ou matériaux manquants, revient s’occuper des enfants du catéchisme en retraite, se précipite au chevet de ses parents dont la maison vient d’être submergée par les eaux des inondations catastrophiques récentes (nous assisterons d’ailleurs à la destruction inévitable de cette maison, construite de briques de terre et de paille, fruit du travail de toute une vie, sous leur regard impuissant et rempli de larmes).

   

Le soleil chauffe (38°), le ciel est bleu et tout le village est réuni ce dimanche matin pour la fête de la Première Communion de 11 enfants, dans une tenue irréprochable, recueillis, attentifs durant tout l’office. Nous sommes une fois de plus étonnés de constater combien les enfants en Roumanie sont sages à la messe, respectueux. Pour la dernière fois, tous l’espèrent, ils posent avec le Père devant la chapelle provisoire.

   

Lors de nos trop brèves rencontres, le Père Gaspal nous a fait part de certains de ses nombreux soucis : la construction de l’église bien sûr ; le départ à l’étranger pour travailler du père ou de la mère qui déstabilise les familles ; la pauvreté du village (toujours pas l’eau courante); l’agriculture est de moins en moins un moyen de subsister; pas de médecin résident ( seulement une visite toutes les 3 semaines)…mais tous lèvent les yeux vers la nouvelle église qui monte, monte…c’est leur priorité, et la nôtre aussi.

Extrait de la lettre circulaire de l’association Europe Chrétienne, octobre 2008.

Clocher en construction.

Voici comment s’est passée la fête de Noël à Spranceana.


Lorsque notre évêque, Mgr Ghergel, est venu à Spranceana en août dernier, nous lui avons dit que nous espérions pouvoir célébrer la messe de Noël dans notre nouvelle église. Deux jours avant Noël, nous avons pu enfin poser les fenêtres et installer les portes de l’église (grâce à l’argent envoyé par Europe Chrétienne).

Tout était encore à l’état brut à l’intérieur comme à l’extérieur, pas de chauffage. Les femmes du village alors ont fait un peu de ménage. Nous avons installé une table en bois qui a servi d’autel et un tabernacle. Nous avons préparé une crèche et décoré un sapin comme c’est la tradition chez nous. Les paroissiens ne savaient pas que l’évêque ne pouvait pas venir le jour de Noël et avant l’heure de la messe, ils ont commencé à réciter le Rosaire dans la nouvelle église. J’ai été très peiné de devoir interrompre leur prière pour leur dire que l’évêque ne pouvait pas venir...

Ce fut une grande joie pour tous lorsque, le 26 décembre, avec l’évêque, nous avons tous prié et chanté pour la première fois dans « notre nouvelle église ». La messe a été une messe de reconnaissance pour tous les bienfaiteurs. J’ai dit que le plus beau Noël est celui qui rassemble toute la famille, la famille de nos bienfaiteurs : notre évêque, tous nos amis de France et tous les paroissiens même ceux qui viennent peu ou pas du tout à l’église. Et puis, le jour de l’An, après la Sainte Messe, j’ai offert un verre de vin chaud à tous car à l’intérieur comme à l’extérieur de l’église, il faisait très froid. Alors nous avons chanté devant notre nouvelle église. Tous les paroissiens étaient heureux car c’était la première fois que j’agissais ainsi. Des hommes âgés m’ont dit : « Père, maintenant que nous avons eu la messe dans notre nouvelle église, nous pouvons mourir. » Je leur ai répondu : « Pas du tout, j’ai encore beaucoup besoin de vous.

Depuis que notre évêque est venu chez nous, je célèbre toujours la messe dans notre nouvelle église...

Première messe en présence de l’évêque.

À la suite de ce courrier, nous avons décidé d’offrir l’autel de l’église.